Chantier centrale – 50 ans d’histoire pour Flamanville
Un chantier hors normes
Quelques moments clés
Le 15 décembre 1977, le dynamitage de la tour Thyssen sonne le coup d’envoi des travaux de la centrale de Flamanville. Cette tour avait longtemps été pour les Flamanvillais le symbole du renouveau de l’ère du fer.


Le 24 décembre 1977, la déclaration d’utilité publique des travaux de construction de la centrale de Flamanville paraît au Journal Officiel.
Entre 1977 et 1985, des activités totalement hors normes se déroulent sur le chantier de la construction de la centrale nucléaire de Flamanville :
- excavation de la falaise en granit en utilisant 1 200 tonnes d’explosifs pour aboutir au retrait de 16,5 millions de tonnes de déblais rocheux,
- création d’un polder flamanvillais, soit une extension maritime de 36 hectares pour disposer au final d’une superficie totale de 120 hectares. Les déblais rocheux ont été utilisés, ainsi que plus de 150 000 m3 de déblais meubles. Cette nouvelle plateforme sera chargée de recevoir la salle des machines, et les stations de pompage.
- utilisation de 4,1 millions de tonnes d’enrochements et 200 000 m3 de béton sous forme de blocs de 40 tonnes pour construire la digue du canal d’amenée de 950 m de longueur, ainsi qu’une jetée de 300 m.
- construction du premier bâtiment réacteur nécessitant 37 000 m3 de béton à lui seul. Sa construction a été achevée en septembre 1981.
Les premiers bâtiments sont construits à partir de 1981, et les bungalows de chantier disparaissent peu à peu. Dès juillet 1981, le site organise ses premières portes ouvertes pour faire découvrir le chantier à de nombreux curieux.
1981 marque aussi le démarrage des travaux pour creuser les galeries sous la mer, soit deux tunnels de 4,3 m de diamètre sur plus de 500 m de long et par 40 m de fond.

En 1982, les bâtiments se hissent, les routes en bitume deviennent réalité et les salariés abandonnent peu à peu leurs bottes de chantier. La ligne haute tension en direction de Caen finit de se construire, tandis que celle en direction de Rennes démarre.


En 1983, le pic du chantier est atteint avec 2 776 salariés. Un travail a été mené pour favoriser le recrutement de salariés locaux, et promouvoir une politique d’achat local.
29 septembre 1985 : à 19 h 27, c’est la première divergence : le coeur nucléaire de la centrale se met à battre.
4 décembre 1985 : à 17 h 33, le réacteur n°1 de Flamanville produit ses premiers électrons sur le réseau national d’électricité. Il atteindra sa pleine puissance en mars 1986.
18 juillet 1986 : c’est au tour de l’unité n°2 de produire pour le réseau électrique national.


Les falaises disparues – Septembre 1979
Ce chantier titanesque provoque une transformation totale du paysage et la disparition du Trou Baligan, une cavité naturelle située au pied du cap. Cette faille impressionnante, creusée dans le granit, était connue pour la légende d’un dragon terrassé par saint Germain au Ve siècle. Le site, exploré en 1964 par des spéléologues, aurait aussi servi de repaire à des contrebandiers. Sa destruction marque la perte d’un lieu emblématique pour le territoire.

Le début d’un vaste chantier – Septembre 1979
Le 5 janvier 1978, un chantier exceptionnel a débuté à Flamanville. Il visait à extraire six millions de m3 de granit en 22 mois. Dès la première année, plus de 250 ouvriers étaient présents, rejoints rapidement par des centaines d’autres travailleurs. Outre l’extraction, le chantier comprenait l’aménagement d’un terre-plein maritime, la réalisation de digues et la préfabrication de milliers de blocs de béton. Pour répondre à l’afflux de main-d’oeuvre, un vaste programme de logements fut lancé : 374 logements aux Pieux ; 95 à Siouville ; 150 à Flamanville ; et même à Bricquebec, une centaine de pavillons. Le chantier a profondément transformé l’ensemble du Nord-Cotentin, amorçant un bouleversement urbanistique et économique sans précédent dans la région.